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La santé au cœur des élections présidentielles

  • vendredi 10 mars 2017 15:53
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La santé au cœur des élections présidentielles © ursule - Fotolia

Vue d'ensemble des différentes propositions des candidats à l'élection présidentielle de 2017 en matière de santé et de complémentaires santé.

Thématique phare des programmes des candidats aux élections présidentielles, le secteur de la santé ne manque pas de faire discourir, baladé de propositions en suggestions, de promesses en engagements. François Hollande a jouéla carte de la réforme lors de son mandat : mise en place de la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés (ANI), entrée en vigueur des contrats responsables, réforme de l'ACS (Aide au paiement d'une complémentaire santé), de multiples projets sur la labellisation des contrats seniors, sur la dépendance ou encore sur l'universalisation du tiers payant auprès des praticiens...


Benoit Hamon, l'égalitaire
Dans la même lignée, Benoit Hamon se positionne pour une plus ample équité quant à la distribution d'aides pour accéder à une complémentaire santé. « Je porterai un droit à la santé universel, indépendamment du statut professionnel ou personnel de chacun. Je modifierai la répartition de l’ACS : les 8Md€ d’aides publiques actuelles (ANI et avantages Madelin) doivent aussi toucher les fonctionnaires, les retraités, les étudiants et les chômeurs de longue durée. J’affecterai une partie de ces aides au financement de la Sécurité sociale, après que la mise en place du revenu universel a mis fin à ces inégalités ».

Le candidat social-démocrate opte, sur ce grand débat qu'est le prix des médicaments, pour une refixation de ces derniers avec, notamment, un désengagement total de la Sécurité sociale sur les traitements de confort. « Pour les médicaments innovants permettant de soigner des pathologies autrefois incurables. Obtenir des baisses de prix est impératif : 41 000€ alors que le coût de production est estimé à une centaine d’euros, c’est inacceptable. Pour cela, je souhaite une plus grande transparence des négociations. Il faut aussi renforcer les moyens des agences qui évaluent l’efficacité des médicaments. Sur ces médicaments, si jamais certains laboratoires refusent d’entendre raison, je n’exclus pas de recourir à la licence d’office qui nous permet de faire produire certains médicaments en générique, beaucoup moins cher ».


Jean-Luc Mélenchon, le gourmand

Sans grand étonnement, le candidat de la France Insoumise se positionne pour une santé intégralement re-confiée au secteur public afin de tordre le cou aux déserts médicaux. « Pour faciliter l’accès aux soins, il ne suffit pas de mieux les rembourser. Il faut encore les rendre physiquement accessibles. C’est-à-dire combler les déserts médicaux. Pour cela, nous proposons la multiplication des centres de santé, combinant médecins généralistes et spécialistes. Dans ces centres officieraient des médecins publics, fonctionnaires ». 

Jean-Luc Mélenchon milite par ailleurs pour une réorganisation des régimes d'assurance maladie en extrayant les indépendants du RSI pour les intégrer au régime général. Une Sécurité sociale uniformisée qui prendrait en charge l'intégralité des dépenses de santé sans reste à charge pour les citoyens et lutterait contre les tarifications excessives des praticiens. « Notre programme en matière de santé part de la réalité humaine et non des objectifs comptables ou de l’intérêt financier des actionnaires des assureurs privés. Ainsi, la suppression des dépassements d’honoraires chez le médecin et le remboursement à 100 % par la Sécurité sociale des soins (dentaires, optiques, auditifs) permettraient de faciliter une prise en charge rapide des malades évitant ainsi une aggravation de leur maladie. Aujourd’hui, un Français sur trois renonce à des soins pour des raisons financières. Il faut abolir les dépassements d’honoraires, renforcer le patient au forfait, et créer des centres de santé pratiquant le tiers payant ».


Emmanuel Macron, l'entremetteur

Sur la question des complémentaires santé, Emmanuel Macron se montre particulièrement proactif, vantant les mérites d'un habile et équitable partenariat entre public et privé pour redorer le blason d'une santé de plus en plus onéreuse. « Nous allons davantage responsabiliser la Sécurité sociale et les mutuelles. La Sécurité sociale rembourse très mal ces soins aujourd’hui (lunettes, prothèses dentaires et auditives) : 4 à 5 %, 10 % pour certains soins. Ce sont largement les mutuelles, quand on peut se les payer, qui remboursent ces soins. Je veux que la Sécurité sociale travaille avec les mutuelles pour construire ensemble cette couverture à 100 % pour toute la population, mais en faisant baisser les prix. C’est comme cela que nous ferons les vraies économies, parce qu’aujourd’hui en France, une prothèse auditive est trois fois plus chère qu’en Allemagne. Rien ne le justifie. Nous avons laissé cela se faire, certains s’organiser sur le dos de la population, parce que nous avons laissé trop peu de concurrence s’installer. Vous pouvez, en remettant de la juste concurrence, en mettant une pression sur certains producteurs de prothèses, dentaires ou auditives, faire baisser les prix, retrouver un prix plus juste en protégeant mieux. Ce faisant, vous réconciliez la liberté et la justice, la liberté et la solidarité. Tout cela passera par plus de transparence, plus de concurrence par un travail partenarial de la Sécurité sociale et des mutuelles ».


François Fillon, le réaménageur

Pour François Fillon, candidat de la droite et du centre, le plus important en termes de santé est de parvenir à redéfinir les rôles respectifs de l'Assurance maladie et des assureurs privés, actuellement trop confus selon lui. « Les complémentaires se plaignent du désengagement de l’assurance-maladie. Les assurés ne savent plus quel est le niveau de leur couverture santé. Ils constatent souvent, par ailleurs, une augmentation très forte de leurs cotisations à leur complémentaire. Je propose, par conséquent, de centrer l’assurance-maladie sur les affections graves ou de longue durée. Il ne s’agit pas d’un désengagement de la Sécurité sociale. Il s’agit, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, de définir un panier de soins pris en charge par la Sécurité sociale ; panier de soins dont le contenu pourra naturellement évoluer. L’optique et les prothèses dentaires pour les adultes, très peu remboursées aujourd’hui par l’assurance-maladie, pourraient être prises en charge par les organismes complémentaires. Notons que les frais de gestion de l’optique par l’assurance-maladie sont presque aussi élevés

La santé au cœur des élections présidentielles

que les montants du remboursement. Il faut en discuter. Il n’y a pas de sujet tabou. Dernier point, un mécanisme de conventions entre les complémentaires santé, les établissements de soins et les professionnels de santé permettra un bon usage des soins, un maintien de l’offre plurielle de soins ainsi qu’une régulation des dépenses ». 

 

Bien peu adepte de l'ANI, François Fillon propose de la remettre à plat : « Cette segmentation des couvertures entraîne des frais de gestion importants. Elle empêche toute vision globale de la couverture santé, de son rôle et de ses avantages fiscaux et sociaux. La redéfinition des rôles entre assurance maladie et complémentaires favorisera naturellement cette remise à plat ».

 

Marine Le Pen, la conservatrice

Favorable à une prise en charge universelle des soins de santé pour tous les Français, Marine Le Pen se prononce pour une conservation de la Sécurité sociale à l'identique de ce qu'elle est aujourd'hui, avec même un abaissement de la prise en charge par les organismes privés. « L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy souhaite, sans l’annoncer clairement, privatiser la santé. S’il est élu en 2017, il transférera une grande partie de la couverture de la Sécurité Sociale aux assurances et aux mutuelles privées. Seules les affections graves ou de longue durée (ALD) resteront prises en charge par l’Assurance Maladie. Les pathologies courantes, bénignes, ne seraient donc plus couvertes,chaque Français devra alors souscrire un contrat auprès d’une mutuelle ou d’une assurance privée pour obtenir la prise en charge de ces soins, qui nous touchent toutes et tous. En souhaitant comme il le dit « responsabiliser les patients et tous les acteurs du système de santé », il va fragiliser davantage les classes moyennes, en leur faisant débourser des sommes importantes auprès d’assurances complémentaires privées. Le principe même de la Sécurité Sociale, si cher aux Français depuis 1945, sera brisé. En effet, la non-couverture du « petit risque » touchera davantage les populations précarisées et les forcera à renoncer à certains soins; la classe moyenne sera encore une fois la grande perdante de ce système de santé à deux vitesses ».

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